II. L’évolution des aménagements et des principes de précaution au fil des crues du XVIIIe siècle à nos jours

 

a) Les aménagements

 La Loire est un élément naturel que l’Homme ne peut contrôler et qui peut parfois causer divers dégâts. Ainsi pour se protéger, la construction de différents aménagements s’avère nécessaire.

On peut alors établir une certaine chronologie des aménagements pensés/réalisés pendant la période définie de notre sujet, en fonction des crues :

 La crue d’octobre 1846 : Suite à cette crue, entre 1846 et 1856, la commune avait dans l’idée d’établir des barrages et créer des déversoirs. Les prévisions annonçaient 22 barrages dans le Haut Bassin de la Loire et 63 dans celui de l’Allier mais la solution était davantage portée sur les déversoirs dont 6 sur 19 ont été réalisés. Aussi, ont été prévues des surélévations.

 La crue de juin 1856 : La construction d’un canal de dérivation de la Nièvre entre Coulanges et l’actuel quartier des bords de Loire a été mise en place afin d’éviter la montée des eaux de la Nièvre.

 La crue de septembre 1866 : A cette date, les digues furent exhaussées et revêtues sur leurs flancs perrés en pierres sèches du côté de la ville et en pierres maçonnées du côté du fleuve pour en augmenter l’étanchéité, il en est de même pour les levées de Sermoise et du plateau de la Bonne Dame. Depuis cette crue, une construction sur la digue de Médine et une dérivation au niveau des quartiers de Bord de Loire ont été effectuées.

 

Schéma d'une coupe de levée de Loire par l'ingénieur Bauve en 1878.

 En 1975, des travaux de renforcements sur la digue de St-Eloi ont été prévus par la commune ainsi qu’un enrochement du pied de la digue dans le lit du fleuve.

Crue de 1983/1984 : Construction du barrage de Villerest (Loire). Il permet de réduire la ligne d’eau d’environ 90 cm à Nevers.

Vers les années 1980, la ville de Nevers a mis en place un dispositif de digues. Les opérations d’écrêtement sont commandées par le Centre de gestion d’Orléans, il effectue un destockage préventif de la retenue puis un écrêtement et un destockage du volume emmagasiné pour ramener la retenue au niveau normal d’exploitation.

Aujourd’hui encore nous cherchons à limiter les impacts des crues de la Loire en mettant en place des systèmes de protection. Ils peuvent prendre la forme de barrages écrêteurs, d’expansion des crues, de digues latérales à la rivière, équipées ou non de déversoirs. Il s’agit d’un ensemble cohérent dont les fonctions se complètent :

  - Les champs d’expansion : Situés dans le lit majeur, ces espaces permettent aux crues de s’étaler et de ralentir ainsi les écoulements en stockant l’eau. Leur préservation est indispensable pour ne pas augmenter les risques en aval. A la décrue, l’eau doit pouvoir s’évacuer vers le fleuve par l’aval.

  - Les barrages : Ils sont implantés en amont du bassin avec pour objectif de stocker l’eau et de restituer lors de l’étiage. Le barrage de Villerest sur Loire près de Roanne est le seul à avoir aussi la vocation de prélever lors des crues une partie des eaux au plus fort de l’événement. L’ouvrage écrêteur du Veurdre sur l’Allier aurait pu venir le compléter mais celui-ci a été annulé suite à la pression du mouvement écologique.

 

Barrage de Villerest : Vidange d'un bassin de retenue pour juguler la crue du 02/11/2008.

  - Les levées : Les levées sont des ouvrages, sensiblement parallèles au fleuve, élevés pour protéger le bal des inondations. Dans le bassin de la Loire, le terme « levée » est habituellement utilisé sauf dans le sous bassin de l’Allier où le mot « digue » est davantage employé. L’ouvrage offre une sécurité relative dans la mesure où il peut être insuffisant en hauteur, être déstabilisé par l’érosion et être endommagé par des plantations ou des infiltrations d’eau (renards hydrauliques). Les levées réduisent considérablement la fréquence du risque mais créent en contrepartie un effet de seuil redoutable en maintenant qu’une seule alternative : crue contenue ou crue catastrophique.

 

 Schéma d'un système de levée.

 

  - Les déversoirs implantés dans les levées : Ils soulagent les levées des trop fortes pressions exercées par la crue en permettant l’inondation du val situé derrière la levée à un endroit prévu à cet effet. Certains ouvrages sont équipés de fusibles. Ce monticule de terre s’érode lors d’une surverse. Sa légère surélévation retarde le fonctionnement du déversoir, donc l’inondation du val, calant, ainsi, au mieux le prélèvement de l’eau.


 b) Les principes de prévention

   1) Comment sommes-nous avertis des crues ?

Déjà en 1898, on établissait des lois pour avertir la population dans un département donné, ici la Nièvre, des crues :

« ANNONCES

DE CRUES

REGLEMENT

Pour la transmission des avertissements dans le département de la Nièvre :

Art.1 : les avertissements ayant pour objet d’annoncer les crues de la Loire aux localités du département de la Nièvre qui sont exposées aux inondations de cette rivière seront transmis, conformément aux dispositions prescrites par le présent règlement, au moyen de bulletins ouverts ou si le pli est fermé, avec ces mentions sur l’enveloppe : urgence, annonce de crue.

Art.2 : Dès que la crue sera présumée devoir atteindre à Nevers au moins la côte de 2m50 au dessus de l’étiage, l’ingénieur en chef de la deuxième section de la Loire, à Nevers, adressera, conformément aux prescriptions des articles 3 et 4 ci-après, les avertissements qu’il aura préparés à cet effet.

Art.3 : Les avertissements seront transmis directement :

Au Préfet de la Nièvre, au Maire de Nevers, au Commandant de la gendarmerie départementale à Nevers, et par la voie télégraphique au sous-préfet de Cosne, et aux maires ‘des communes concernées.’ »


Désormais l’organisation pour la prévention des crues a évolué et est mieux organisée qu’auparavant au niveau du territoire français, en effet :

Au niveau de l’Etat, il effectue :

  - La généralisation des études de connaissances des risques (atlas, etc.)

  - La collecte nationale des informations sur les ouvrages de protection (digues, remblais, etc.)

L’état mène également plusieurs réflexions sur :

  - Les modes d’informations des populations ;

  - Les méthodes de sensibilisation et de prise de conscience pour instituer une véritable culture du risque

Au niveau du département, la loi est matérialisée par :

  - La création d’une cellule d’analyse des risques et d’information préventive (CARIP : Cellelule d'Analyse des risques et d'Information Préventive)

  - Le recensement des risques majeurs pour chaque département (DDRM : Dossier Départemental sur les risques majeurs), précisé par le décret du 11 octobre 1990.

Au niveau communal :

La commune se doit de réaliser des DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs), consultables par tous. A partir de ces documents, les maires sont à même de réaliser par des actions de communication adéquates, l’information sur les risques et prendre les mesures pour y faire face. Ils ont ainsi la charge d’utiliser tout moyen habituel ou technologique pour :

  - Informer de manière efficace les populations

  - Veiller à l’affichage des mesures dans les locaux de plus de 50 personnes

  - Créer, raviver ou approfondir la culture du risque chez leurs administrés

  - Etablir des plans communaux de secours

  - Prévoir des lieux d’hébergements en cas de catastrophe

Grâce à la loi du 22 juillet 1987, la population est obligée d’être informée sur les risques qu’elle encourt : (article 21) «  le citoyen a le droit à l’information sur les risques qu’il encourt en certains points du territoire et sur les mesures de sauvegarde pour s’en protéger ». Aussi, la loi du 13 juillet 1982, régissant l’indemnisation des victimes des catastrophes naturelles impose aux assureurs, pour tout contrat d’assurance dommages aux biens et aux véhicules, d’étendre leurs garanties aux effets de catastrophes naturelles, qu’ils soient situés dans un secteur couvert par un PPR ou non.


En exemple, et pour appuyer les lois rappelées ci-dessus, nous avons interrogé une entreprise se situant au bord de la Loire, l’entreprise Chaput, qui a déjà subi quelques crues :

En effet, la crue la plus importante qu’ils ont vécue est celle de 2003. Ainsi, pour se protéger ils ont dû monter les matériaux en hauteur, mais cela n’a pas suffi et ils ont quand même été inondés : Le revêtement était décollé, des dégradations au niveau du matériel ont été constatées, il y avait 50 cm d’eau derrière le magasin, 30 cm devant la route, puis au sous-sol le niveau d’eau s’élevait à 1 mètre.

En temps normal, ils sont informés par la DDT (anciennement DDE en 2003), ce qui n’a malheureusement pas été le cas. L’entreprise a donc appelé la préfecture de Nevers pour en savoir plus. La crue aura duré deux jours avant de décroître progressivement. Aussi, les autres années, les alertes à la crue n’étaient pas précises, ce qui fait que les habitants de Cosne n’ont pas pris en compte le peu de préventions qui leur avaient été donnés.


Aujourd’hui, il existe différents moyens d’être prévenus des arrivées de crues comme les sites internets tels que :

  - vigicrues.gouv.fr

Ce site répertorie les différentes zones de France selon leur niveau d’exposition aux crues avec un code couleur :

Rouge : Risque de crue majeure. Menace directe et généralisée de la sécurité des personnes et des biens.

Orange : Risque de crue génératrice de débordements importants susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective et la sécurité des biens et des personnes.

Jaune : Risque de crue ou de montée rapide des eaux n'entraînant pas de dommages significatifs, mais nécessitant une vigilance particulière dans le cas d'activités saisonnières et/ou exposées.

Vert : Pas de vigilance particulière requise.


  - Météofrance.fr

Météo France est un site de prévisions et d’étude de phénomènes météorologiques qui permet d’avertir la population des différents risques naturels.

 

  Carte de la vigilance météorologique de la France, prise sur le site de météofrance.


   - DREALcentre.fr (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement).

 La prévision des crues sur le site a pour but de déterminer les caractéristiques prévisibles des crues : débit, niveau, moment de l’apparition et durée de ces crues en différents sites du bassin versant. Ils ont recours pour ce faire à la modélisation, s’appuyant sur des réseaux de mesure en temps réel.

Les prévisions s’appuient sur l’analyse des crues historiques et sur la connaissance des espaces d’expansion des crues. La prévision est organisée par les schémas directeurs de prévision des crues par bassin, qui instituent des services de prévision des crues. La DREAL Centre a en charge la prévision des crues sur le bassin de la Loire en amont du bec de Vienne et sur la totalité des bassins du Cher et de l’Indre. Cette mission comporte en particulier la surveillance et la transmission d’informations, pour plus de dix départements, 24 heures sur 24.

Les objectifs de la DREAL sont :

  -  Mieux anticiper les phénomènes, en s’appuyant sur une synergie accrue entre informations météorologiques et hydrologiques,

  -  Alimenter en continu un système d’information rénové avec l’élaboration notamment d’une carte de vigilance « inondations » et la mise à disposition très large d’une information plus complète.


   2) Comment l’homme fait-il pour se protéger, lui et son environnement ?

 Préventions 

* Le PPR

La prévention des risques est inscrite dans les contrats de plan et dans le schéma des espaces naturels et ruraux. L'information préventive des citoyens, d’après l’article 21 de la loi du 22 juillet 1987, doit favoriser la prise de conscience des risques. La protection des lieus habités, par des ouvrages réalisés par l’Etat ou par des collectivités locales, contribue à réduire la vulnérabilité de l’existant, et vise à améliorer les conditions de vie face aux risques. Le PPR a un rôle majeur dans ce cas-là, en effet il institue la prise en compte spécifique des risques naturels dans l’aménagement, la construction et la gestion des territoires. Il permet d’améliorer la connaissance des phénomènes naturels, d’informer les populations des risques, et enfin de privilégier certaines dispositions en matière d’urbanisme et de construction. L’élaboration du PPR est conduite par les services de l’Etat sous l’autorité du préfet de département. Il est approuvé par le préfet après consultation des communes et enquête publique. Le PPR est réalisé en concertation avec les communes concernées, et ce dès le début de son élaboration.

* Le PPRI

L’état a également mis en place un plan de prévention des risques, le PPRI qui limite l’urbanisation des terres inondables, celui-ci a trois objectifs bien précis :

  - Interdire les implantations humaines dans les zones dangereuses

  - Préserver les capacités d’écoulement et d’expansion des crues

  - Sauvegarder l’équilibre actuel des milieux dépendant des petites crues

Le PPRI présente ainsi trois principes fondamentaux :

  - Assurer la sécurité des populations

  - Préserver les champs d’inondations

  - Eviter tout endiguement ou remblaiement nouveau. 

* Plan "Loire Grandeur Nature"

En 1994, l’état a mis en place le plan « Loire Grandeur Nature » qui garantit la sécurité des populations, améliore la ressource en eau des espaces naturels et ruraux, il met aussi en valeur le patrimoine naturel, paysagé, culturel el ligérien.

* Rapport "protection et aménagement"

Dès 1979, le rapport "protection et aménagement" intégré de la Vallée de la Loire, réalisé par l'ingénieur général CHAPON, met en évidence la nécessité de se prémunir contre les dommages des crues par une réglementation plus précise que les plans des surfaces submersibles.

* Simulations

On peut également effectuer des simulations, comme moyen de précaution, avec le réseau de télémesures hydrologiques et pluviométriques (réseau CRISTAL) qui a été installé dans les bassins supérieurs de la Loire et de l’Allier. De cette façon les crues sont prévues, les opérations d’écrêtement sont déclanchées. Les populations riveraines sont prévenues par la diffusion de messages d’alerte auprès des services préfectoraux de la protection civile et des mairies. (E.P.A.L.A, SH.C, 1989).

Les simulations servent aussi à évaluer le niveau de débit maximum des crues :

Elles montrent par exemple, qu’à la sortie du barrage, le débit maximum sera divisé par 2 pour les crues inférieures à 4 000 m3/s et réduit d’environ 2 000 m3/s pour les crues supérieures et cela jusqu’à 7 000 m3/s. Par exemple, une crue identique à celle de 1866 serait ramenée à Decize de 4 600 m3/s à 2 900 m3/s et à Nevers de 4 400 m3/s à 3 100 m3/s. L’effet du barrage à Nevers serait d’abaisser de 60 cm environ le niveau d’une crue exceptionnelle mais ces estimations ne sont que des ordres de grandeur puisque l’impact des affluents situés en Aval de Decize n’est pas prise en compte.

Il existe aussi un moyen d’anticiper l’arrivée de crue, il s’agit de la période de retour. En effet, une crue de temps T a une « chance » sur T (1/T) de se produire au cours de l’année. Ainsi, une crue décennale a 1 « chance » sur 10 (10 %) d’avoir lieu au cours de l’année et ce, chaque année.

Prenons le cas de la ville de Nevers ; en cas d’annonce de crue les opérations suivantes sont mises en œuvre :

  - Lorsque la crue atteint 1.5 mètre, les eaux de la Nièvre sont envoyées dans le canal de dérivation et les pompes installées au confluent (sous le pont MalPlacé) refoulent l’eau de la Nièvre qui continue d’être alimentée par le ruisseau de la Pisque et les eaux pluviales de la partie orientale de l’agglomération ;

  - Lorsque la crue atteint 4.5 mètres, la porte du Port donnant accès au quai de Médine et au parking jouxtant l’Hôtel Loire est fermée.

* Maison de la Loire

Des associations telles que la Maison de Loire à Belleville aident les communes à s’organiser en cas de crues :

La Maison de Loire du Cher, créée depuis 1990,  a pour but d’apporter le soutien aux communes riveraines de la Loire et de ses affluents dans leur politique de préventions.

 Elle contribue aux actions auprès des collectivités territoriales :

  - Aide à la rédaction en régie des Plans Communaux de Sauvegarde volet inondation et des documents d’information de la population (DICRIM) ;

  - Formation et suivi des équipes communales sur ce thème.

Ses objectifs sont :

  - Apporter une aide méthodologique et technique pour que chaque commune puisse réaliser en régie le PCS qui lui correspond ;

  - Créer une dynamique entre communes riveraines pour que les PCS soient cohérents entre eux ;

  - Permettre l’acquisition d’un savoir-faire applicable à d’autres types de risques que l’inondation

  - Permettre l’appropriation de la gestion de crise par l’équipe communale.

Leur expérience :

La Maison de Loire du Cher propose depuis plusieurs années des groupes de travail pour l’aide à la rédaction des PCS et DICRIM auprès des communes dont les moyens humains et matériels ne suffisent pas pour répondre aux exigences de la Loi. Dans ce cadre et en partenariat avec le SICALA du Cher, la Maison de Loire de Belleville-sur-Loire a travaillé avec 18 communes ligériennes dans le département du Cher, mais aussi une dizaine de communes du Loiret en partenariat avec le Conseil Général du Loiret.

D’autres projets pour des communes du bassin de la Loire sont en cours :

L’information à la population sur les mesures prises par les pouvoirs publics est un volet essentiel de la prévention des risques. C’est pourquoi, la Maison de la Loire soutient les équipes communales dans cette démarche par l’aide à la rédaction du DICRIM mais aussi par l’organisation de réunions publiques, la sensibilisation des plus jeunes et la responsabilisation des riverains face au risque d’inondation.

* Entretien des aménagements

 Aussi, l’homme a besoin d’entretenir ses constructions pour être protégé au maximum lors de crues. Pour restaurer le lit et préserver les digues, on les entretient en retirant ou fixant des arbres morts ou dépérissant car ils constituent de futures encombres qui peuvent s’opposer aux écoulements, ou se transforment en butoirs déstabilisant les levées. De plus, l’absence d’entretien peut conduire à engager des actions ultérieures de restauration plus lourdes ; c’est aussi avec l’entretien que l’on peut remettre en état la rivière au niveau écologique. De plus, on surveille l’état des levées, et vérifie le bon fonctionnement du système de protection. On restaure également le lit de la Loire dans le but d’augmenter la capacité d’écoulement du lit pour améliorer la sécurité des riverains et relever les lignes d’eau à l’étiage et de la nappe alluviale pour restaurer la diversité écologique et mettre en communication les zones humides.

 

Photo d'un talutage de digue.


En résumé, on peut distinguer deux principes, fondés d’une part sur la précaution et d’autre part sur la protection :

Le principe de précaution se traduit par :

  - La réalisation d’Atlas des zones inondables précisant pour chaque « val » de Loire les niveaux d’aléas : faible, moyen, fort et très fort. Les aléas sont définis dans l’hypothèse d’une crue atteignant les plus hautes eaux historiquement connues ;

  - L’établissement de projets de protection qualifiés de projet d’intérêt général (PIG) ;

  - L’intégration dans les plans d’occupations des sols, les Schémas Directeurs et autres documents d’urbanisme, des dispositions du projet de protection ;

  - Enfin les plans de prévention des risques sont la dernière étape de cette action réglementaire.

Le principe de protection se concrétise par :

  - La modernisation du réseau d’alerte et d’annonce des crues par la rénovation du réseau de surveillance de la Loire ;

  - L’élaboration  ou mise à jour des plans d’alerte et de secours ainsi que des mesures d’aménagement spécifiques ;

  - Le renforcement du système des levées et des déversoirs ;

  - La restauration du lit et l’entretien de la Loire.


Cas de la Centrale Nucléaire (d’après son CIP)

Le risque inondation fait partie des risques desquels la centrale de Belleville doit se prémunir. La Loire est sous surveillance constante et, lorsque les critères d’alerte sont atteints, des procédures sont mises en place pour parer à cette éventualité. Démonstration avec la crue de début novembre 2008.

Un risque connu et anticipé

En bordure du dernier fleuve sauvage français, le risque inondation est indéniable. C’est pourquoi des précautions ont été prises dès la construction de la centrale et qu’un Plan d’Urgence Interne spécifique est en place. Sur un plan purement technique, la centrale a été bâtie sur une plate-forme artificielle surélevée par rapport au fleuve et, depuis 2006, une protection périphérique a été rajoutée pour faire face à des crues exceptionnelles.

Dès que les critères d’alerte sont atteints, la centrale déclenche son dispositif d’urgence de premier niveau infra-PUI (pas de risque sûreté ou radiologique mais une situation technique qui nécessite la mobilisation d’une partie des personnels en astreinte). Les avantages du risque inondation par rapport à d’autres risques tels que l’incendie ou un incident radiologique, sont son caractère prévisible et son développement relativement lent. Cela permet de mettre en place les défenses adéquates avec toute l’anticipation nécessaire.

Des équipes spécialisées

La première chose est la mobilisation des équipes. Il s’agit d’agents du site, spécialement entraînés et préparés pour ce genre de situation. Leur rôle est de sécuriser les bâtiments industriels de la centrale en installant des batardeaux de manière à fermer hermétiquement les accès. Ils ferment également les portes étanches qui entourent le site : accès côté peloton de la gendarmerie, accès au pont, accès au canal d’amenée…

Pilotage des tranches modifié

Des modifications sont aussi engagées au niveau du pilotage des tranches. En effet, en cas de crue, il est strictement interdit de rejeter des effluents dans la Loire, ceux-ci doivent être impérativement stockés dans les bâches prévues à cet effet. Il est donc nécessaire de vérifier que les bâches de stockage soient bien disponibles dans la durée 

Des pompiers à demeure

La troisième opération d’importance est la sécurisation du site. En cas de crue, les routes d’accès à la centrale sont rapidement coupées et le site se retrouve alors presque totalement isolé. En cas de malaise ou d’incendie, les secours extérieurs auraient des difficultés à intervenir rapidement. Pour prévenir une telle éventualité, Belleville a passé un partenariat avec les pompiers du Cher. Lorsque l’alerte crue est déclenchée, avant que le site ne devienne inaccessible, une colonne de pompiers, avec des véhicules de secours et de lutte contre l’incendie, est accueillie sur la centrale. Logés dans les locaux Framatome, ils sont ainsi une quinzaine à rester à demeure pour protéger le site.. Ils peuvent aussi être amenés à intervenir auprès des populations alentours si besoin si les accès sont libres.

Un système bien rôdé

La crue de début novembre, finalement moins importante qu’annoncé, a permis de tester le dispositif d’alerte et de suivi de la centrale. Dans l’ensemble, tout s’est bien passé. Il reste désormais à formaliser, sur le papier, certaines procédures et préciser clairement les rôles et les missions de chacun.

Les niveaux dalerte

Veille : débit inférieur à 1 600 m3/s

Etat normal des installations.

Vigilance : débit compris entre 1 600 m3/s et 3 400 m3/s ou augmentation brusque supérieure à 500 m3/s sur la journée

Suivi du système d’alerte, surveillance du périmètre de protection, recensement des besoins humains et matériels, préparation à l’autonomie du site.

Pré-alerte (infra PUI) : débit compris entre 3 400 m3/s et 4 400 m3/s ou augmentation brusque supérieure à 1 200 m3/s sur la journée

Mise en place du renforcement de l’autonomie du site, planification du repli des tranches, mise à disposition des moyens mobiles (pompiers), isolement des contournements des protections volumétriques.

Alerte (PUI) : débit supérieur à 4 400 m3/s ou augmentation brusque supérieure à 1 800 m3/s sur la journée

Repli des tranches, isolement complet des rejets, mise en place de la grille de secours 400 000 volts.

 

Photo de la centrale nucléaire de Belleville.

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