III. CRITIQUE SUR LES DIFFERENTS AMÉNAGEMENTS, LIMITES ET CONSEQUENCES

a) Les limites de construction

Depuis le siècle dernier, les ouvrages de protection réalisés ont sans doute réduit les inondations, cependant le risque de rupture de digues lié à une crue importante, et par conséquent d'inondation catastrophique, n'est pas supprimé pour autant.

Le lit de la Loire s'est considérablement modifié depuis le milieu du siècle. En effet, ces changements sont dus à l'évolution naturelle de celui-ci, ainsi qu’à l'abandon des aménagements de navigation depuis l'arrêt du trafic fluvial.

Les extractions excessives de sable dans le lit en eau de ces dernières années ont provoqué un enfoncement du fond du fleuve. Elles ont été, sauf quelques exceptions locales, définitivement arrêtées depuis 1992. Depuis, il est probable que le charriage des sédiments modifie de façon notable le profil du lit.

Il ne faudrait pas croire que l'abaissement constaté de la ligne d'eau a un effet positif. Malgré qu'il ne soit que temporaire, il menace la stabilité des constructions de protection, dont le pied des levées, et retarde de cette façon le fonctionnement des déversoirs. Il participe ainsi à l'affaiblissement de la digue.

Le risque de brèches est donc toujours présent.

Le développement de la végétation dans le lit du fleuve ralentit l'écoulement et peut dans certaines zones avoir pour effet de rehaussement non négligeable de la ligne d'eau des crues. De plus, le risque de formation d'encombres provoquées par un amas d'arbres emportés par le courant ne doit pas être négligé. De tels obstacles provoqueraient un rehaussement local très important du niveau d’eau dû à une crue. De plus, des remontées de nappes par réseau peuvent aussi provoquer des arrivées d'eau.

Les enjeux en zones inondables ont très fortement augmenté.
La croissance de la population dans la plaine alluviale inondable exposée aux inondations (résidents, actifs, touristes et campeurs) ainsi que l'implantation de biens sensibles à l'eau ou d'activités incompatibles avec elles, sont la première cause d'aggravation du risque.

L'oubli de la notion de risque, lié à la protection contre les crues de faible importance, ajoutée d'une trop grande confiance dans nos capacités à stopper les phénomènes naturels, ont trop banalisé l'existence du risque d'inondation

La situation est d'autant plus trompeuse lorsque des ouvrages de protection ont été construits. En effet, ces derniers donnent un faux sentiment de sécurité qui entraîne toujours plus de développement. Par « un effet de spirale », l'extension de l'habitat provoque des infrastructures et des équipements nouveaux qui justifient de ce fait des protections supplémentaires.

b) Les problèmes environnementaux engendrés

L’augmentation de variations de débits entraine la chenalisation de la Loire. C'est un creusement du lit mineur, causé dans notre cas par un prélèvement majeur de sable dans les années 60/70. De ce fait le niveau de la Loire devient trop bas pour alimenter les bras secondaires et réduit ainsi le nombre d'îlots et la biodiversité qu'ils peuvent abriter. Tant que le niveau de l'eau n'est pas au-dessus des ilôts il y a érosion et donc toujours un développement de la faune et de la flore.

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Schéma de la chenalisation.

Un manque de crue entraîne la fixation des îles de sable ainsi que la végétalisation des îlots, qui amènent le développement de forêts fluviales. Cela a pour conséquence une certaine perte de la biodiversité. Par exemple avec les sternes, œdicnèmes ou encore les castors. Les sternes et les oedicnèmes n'ont pas forcement besoin de végétation, ils pondent directement leurs oeufs sur le sable. Les castors ne sont pas sur les lits mineurs mais sur les bras secondaires là où la circulation de l'eau est faible.iles-vue-du-ciel-1600x1200-credits.jpg

Photo d'îlots de la Loire.

Photo d'un castor sur un barragePhoto d'un castor sur un barrage.  

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Photos de sternes

Oedicnème
Photos d'oedicnème

Les crues apportent aux sols des sédiments minéraux et fertilisent ainsi le sol, un sol bien fertilisé est composé à 40 % de limon. Lorsqu'il n'y a plus assez de crues, le sol a un apport en sédiments trop faible et les agriculteurs sont alors contraints d'ajouter de l'engrais à leurs terres pour une meilleure fertilisation. En revanche, le trop plein d'engrais dans les sols ressort et vient polluer la Loire, endommageant voire détruisant la faune et la flore. Ce qui entraine de ce fait nombre de pollutions diverses : poissons morts, déchets toxiques...

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 Schéma de la fixation des engrais dans le sol.

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